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Les réponses de François-Xavier Bellamy des Républicains


Comme lors de chaque élection nationale depuis une vingtaine d’années, Nouvelles d’Arménie Magazine adresse un questionnaire aux candidats sur des questions spécifiques susceptibles d’intéresser son lectorat. Armenews.com (plus de 300 000 visiteurs par mois*) diffuse chaque jour par ordre alphabétique à partir du 17 mai les réponses des têtes de listes aux élections européennes du 26 mai. 17 mai : Jordan Bardella (RN). 18 mai : François-Xavier Bellamy (LR). 19 mai : Ian Brossat (PCF). Le 20 : Nicolas Dupont-Aignan (DLF). Le 21 mai : Raphaël Glucksmann (PS). Le 22 mai : Benoît Hamon (Génération.s). Le 23 mai : Yannick Jadot (EELV). Le 24 mai : Jean-Christophe Lagarde (UDI). Le 25 mai : Nathalie Loiseau (LREM).

Nouvelles d’Arménie Magazine : Seriez-vous favorable à ce que le 24 avril, date qui symbolise le déclenchement du génocide des Arméniens, fasse l’objet d’une commémoration particulière au niveau du Parlement européen et qu’il soit par exemple marqué chaque année par une minute de silence dans l’hémicycle ?

François-Xavier Bellamy : Nous y sommes absolument favorables. Les Français, et plus largement les Européens, d’origine arménienne souhaitent depuis de nombreuses années l’inscription dans notre calendrier républicain d’une journée dédiée au génocide des Arméniens, le 24 avril.
La France a été la première à accueillir des Arméniens survivants, chassés, massacrés. Ils étaient apatrides, ils sont devenus Français. Ils ont d’ailleurs payé le prix de leur sang en combattant à nos côtés pendant les deux guerres mondiales et nous leurs devons beaucoup. Il est important de ne pas oublier toutes ces victimes. Rappelons-le, le génocide arménien de 1915 a coûté la vie à 1,5 million d’Arméniens. Il y a plus d’un siècle, Clemenceau écrivait : « On commence à parler de nouveaux troubles dans les vilayets d’Arménie. On sait ce que signifie ce mot. C’est l’euphémisme officiel pour désigner le massacre méthodique des Arméniens ».
Depuis mai 1998, le Parlement français a adopté le principe selon lequel « la France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915  ».
Il est aussi important de préciser que ce sont les Républicains (à l’époque, l’UMP) qui ont fait adopter, en janvier 2012, grâce notamment à l’action de la députée des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, une proposition de loi tendant à réprimer la contestation de l’existence du génocide arménien.
Nous avons toujours soutenu les textes qui allaient dans ce sens, et qui ont été portés avec force par la droite française. Le Président Sarkozy avait porté au niveau européen la nécessité de faire réprimer la négation du génocide arménien. Le Président des Républicains, Laurent Wauquiez, a lui aussi toujours soutenu les initiatives pour la mémoire des Arméniens et la reconnaissance du génocide. Son engagement, dans sa Région Auvergne-Rhône-Alpes, auprès de la communauté arménienne et pour le Centre national de la mémoire arménienne de Décines, le démontre.
En cohérence avec cette position constante, nous demanderons que le Parlement européen commémore le génocide arménien le 24 avril.

NAM : Etes-vous prêt à demander à l’Union européenne, qui s’est montrée si généreuse depuis 20 ans avec la Turquie dans le cadre de son processus de préadhésion, de fournir un effort particulier envers l’Arménie démocratique dans le cadre de sa Politique de Voisinage et dans le cadre financier pluriannuel 2021-2027 ?

François-Xavier Bellamy : L’Arménie et l’Union européenne, notamment grâce à la voix de la France, ont toujours eu des liens forts, surtout depuis l’Accord de Partenariat et de Coopération (APC), qui date de 1998. Par ailleurs, précisons que les liens entre l’Union européenne et la Turquie reposent sur la nécessité d’une coopération stratégique forte en matière économique ou pour faire face aux défis du XXIe siècle, notamment le défi migratoire. Cependant, les Républicains considèrent que les évolutions récentes du régime turc ne permettent absolument pas d’envisager une perspective d’adhésion. Notre projet est clair : nous refuserons la perspective d’une adhésion de la Turquie à l’UE. Oui à la coopération, non à l’adhésion. Avant d’être une construction politique et administrative, l’Europe est avant tout une civilisation. Notre histoire, notre identité, et nos valeurs communes partagées avec les Etats membres de l’UE sont aujourd’hui éloignées de celles du gouvernement turc. Il serait, par conséquent, incohérent pour l’UE de continuer sur la voie de discussions liées à l’élargissement. Nous devons aux Français la clarté à ce sujet. Nous, les Républicains, refuserons tout nouvel élargissement de l’UE. Il est donc légitime de poser la question d’une réorientation des fonds européens dédiés aux voisinages, en incluant l’Arménie.

NAM : Dans la foulée de la résolution du 13 mars 2019 du Parlement européen, faut-il demander l’arrêt immédiat et sans délai des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne ?

François-Xavier Bellamy : Notre position est constante et cohérente. L’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne n’est ni possible, ni souhaitable. Nous demandons l’arrêt de ces négociations, et nous agirons pour cela.

NAM : Suite aux tentatives de corruption dont s’est notoirement rendu coupable l’Azerbaïdjan à travers sa « diplomatie du caviar », quelles mesures envisage de prendre votre parti pour prévenir et sanctionner ce type d’agissement au sein des institutions européennes ?

François-Xavier Bellamy : Le respect de l’Etat de droit et des valeurs fondamentales de l’Union européenne sont des impératifs que nous devons défendre à l’échelle internationale. Nous continuerons donc à être vigilants, même s’il revient aux Etats membres, à leurs diplomaties respectives et à la diplomatie européenne, d’agir lorsque des dérives ont été identifiées.

NAM : Sans empiéter sur les prérogatives du Groupe de Minsk de l’OSCE sous l’égide duquel se mènent les négociations de paix sur le Haut-Karabagh, votre parti serait-il prêt à s’impliquer davantage sur cette question en prenant notamment l’initiative de missions d’information et d’observation sur place ?

François-Xavier Bellamy : La politique étrangère reste une compétence souveraine des Etats membres, qui doit être coordonnée au niveau européen pour recueillir une force de frappe nécessaire. Nous sommes favorables au suivi assidu de ces questions mais tout en restant concentrés sur les prérogatives prioritaires dévolues à l’Assemblée de Strasbourg.

NAM : Etes-vous prêts à faire en sorte que le Parlement européen missionne officiellement des parlementaires pour se rendre en Azerbaïdjan afin d’évaluer l’état du racisme anti-arménien dans ce pays partenaire de Bruxelles mais dont les valeurs sont aux antipodes de celles de l’Union européenne ?

François-Xavier Bellamy : Le Parlement européen a la capacité d’agir à l’échelle internationale, comme il l’a fait, par exemple, en exerçant une pression politique sur le régime autoritaire au Venezuela. Les actions qu’il entreprend doivent être concertées avec les Etats membres. Le respect des libertés fondamentales, des droits de l’Homme, tout simplement, de nos valeurs européennes restera l’un de nos premiers combats.

par Claire le samedi 18 mai 2019
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