TURQUIE/ETATS-UNIS Rubrique

La Turquie espère convaincre Washington de rester partenaire pour les F-35


Istanbul, 12 juin 2019 (AFP) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit
mercredi espérer convaincre les Etats-Unis de ne pas exclure son pays du
programme des avions furtifs F-35, avant sa prochaine rencontre avec Donald
Trump.
"Avant (de voir son homologue américain en marge du sommet du G20 au Japon
les 28-29 juin, ndlr), nous aimerions discuter de ce problème au téléphone et
revenir à la situation initiale", a dit M. Erdogan dans une allocution
télévisée.
Les Etats-Unis ont adressé vendredi un ultimatum à la Turquie, membre comme
eux de l’Otan, lui donnant jusqu’au 31 juillet pour renoncer à l’achat de
systèmes de défense antiaérienne russes S-400 qu’ils considèrent comme
incompatibles avec le nouveau F-35 dont Ankara veut acquérir 100 exemplaires.
Cet appareil américain est en effet conçu pour communiquer en temps réel
avec les systèmes militaires de l’Alliance atlantique, dont ceux de défense
antimissiles.
Recep Tayyip Erdogan s’est à cet égard dit déterminé à chercher toutes les
réponses possibles face à une "exclusion (de la Turquie) du projet F-35 pour
des motifs dénués de fondement rationnel ou légitime", soulignant que son pays
n’était pas seulement un client mais aussi un partenaire dans le cadre du
programme de fabrication des F-35.
« Nous avons déjà payé 1,250 milliard de dollars », a-t-il affirmé.
Les Etats-Unis ont averti la Turquie que si, d’ici au 31 juillet, elle
n’avait pas renoncé au système russe S-400, les pilotes turcs s’entraînant
actuellement aux Etats-Unis sur le F-35 seraient expulsés.
Le personnel turc du consortium international qui fabrique cet avion serait
alors remplacé et les contrats de sous-traitance attribués à des entreprises
turques pour la fabrication du F-35 seraient annulés à la même date. Les
bureaux du consortium seraient interdits au personnel des forces aériennes
turques et les quatre appareils déjà achetés par la Turquie mais encore sur le
sol américain ne seraient pas livrés.
Les Américains ont expliqué cet ultimatum par le fait que la Turquie avait
envoyé du personnel en Russie pour commencer à s’entraîner sur le S-400.
Le président turc a répété à propos de ces équipements militaires russes
que son pays ne ferait marche arrière.
"Je ne dit pas que la Turquie achètera le système de défense S-400, je dis
que la Turquie l’a acheté« , a martelé M. Erdogan. »Nous avons conclu l’affaire. Si Dieu le veut, le système sera livré le
mois prochain à notre pays", a-t-il poursuivi.
Alors même que Washington espérait que la Turquie se doterait du système
américain Patriot de défense antiaérienne, le chef de l’Etat turc a jugé que
la Russie avait proposé de meilleures conditions, notamment un prix
raisonnable et une promesse de partenariat dans la production.
"Ce n’est pas un système d’attaque mais un système de défense.
N’allons-nous pas prendre les mesures nécessaires à la défense de notre pays
  , s’est-il interrogé. »Avons-nous demandé un tel système de défense à l’Amérique ? Oui, nous
l’avons fait. L’a-t-elle livré ? Non, elle ne l’a pas fait", a-t-il encore
déclaré.

par Ara Toranian le jeudi 13 juin 2019
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